Startups : La Map Ouest 2026 dévoile les pépites qui façonneront la prochaine décennie

Par Rédaction 5 min de lecture
Startups : La Map Ouest 2026 dévoile les pépites qui façonneront la prochaine décennie

Elles traquent les failles des logiciels malveillants, donnent des "yeux et un cerveau" aux systèmes d'information des entreprises, ou développent des satellites capables de suivre les navires en mer depuis l'espace. Bienvenue dans l'écosystème startup breton, où l'innovation technologique rivalise avec les meilleurs standards mondiaux. Alors que la 4e promotion de l'accélérateur Booster Bretagne s'apprête à démarrer en mars 2026, tour d'horizon des pépites qui feront rayonner la région dans la décennie à venir.

Elles s'appellent Glimps, Octomiro, Unseenlabs, Agriloops ou Seederal. Derrière ces noms parfois énigmatiques se cache une génération d'entrepreneurs bretons qui bousculent les codes et positionnent la région sur la carte mondiale de l'innovation.

De la cybersécurité à l'agriculture du futur, en passant par le spatial et l'intelligence artificielle, ces startups attirent les investisseurs, séduisent les grands comptes et, surtout, créent des emplois sur le territoire.

Alors que la 4e promotion de l'accélérateur Booster Bretagne s'apprête à démarrer en mars 2026 , retour sur ces jeunes pousses qui incarnent la vitalité d'un écosystème désormais reconnu bien au-delà des frontières régionales.

Glimps : Le cyber-rempart breton qui veut sécuriser l'Europe

De Rennes à Montréal, la startup rennaise Glimps s'affirme comme un acteur stratégique de la cybersécurité, alors que 2026 s'annonce comme une année charnière face à l'explosion des attaques numériques .

Créée fin 2019, Glimps est née de l'expérience de quatre ingénieurs du ministère des Armées. Leur savoir-faire ? Analyser des logiciels existants, comprendre leur structure et déceler les failles cachées. Rapidement, ils ont cherché à automatiser ces tâches répétitives grâce à l'intelligence artificielle, donnant naissance à un moteur capable d'identifier la signature profonde d'un code, même transformé ou illisible en apparence.

Le principe est simple mais redoutable : "Reconnaître efficacement des morceaux de code déjà vus et ainsi alerter en temps réel là où les solutions traditionnelles peuvent mettre jusqu'à plusieurs jours à bien les reconnaître", explique Cyrille Vignon, l'un des trois co-dirigeants avec Jérémy Bouetard et Valérian Comiti .

Une trajectoire financière impressionnante

Après un démarrage financé par leurs proches, Glimps a levé plusieurs millions d'euros en 2021 pour accélérer. L'entreprise vise entre 4,5 et 5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, contre 3,5 millions en 2024 .

Basée au cœur de la Cyberplace de Cesson-Sévigné, elle emploie une cinquantaine de salariés à Rennes et Paris. Et Glimps ne compte pas s'arrêter là. L'international constitue un axe stratégique majeur : une équipe commerciale s'est installée au Canada et des partenariats se développent en Corée du Sud.

"Notre objectif est de se développer en Europe. Il n'est pas exclu qu'en 2026, on se déploie en Italie, en Pologne ou au Danemark", poursuit Cyrille Vignon . La jeune pousse veut se positionner comme une alternative européenne crédible face aux géants américains et israéliens, acteurs incontournables de la cybersécurité.

Un contexte de menaces exponentielles

La trajectoire de Glimps se dessine dans un environnement où les cybermenaces ne cessent de croître. En 2026, plusieurs tendances dominent :

  1. Les attaques par rançongiciel continuent de faire des ravages, avec des groupes criminels qui menacent de divulguer les informations volées. "Un conseil, il ne faut surtout pas payer", prévient Cyrille Vignon.

  2. Le phishing change d'échelle grâce à l'intelligence artificielle. "Là où les messages frauduleux étaient autrefois maladroits, ils sont désormais parfaitement rédigés, personnalisés et diffusés à grande échelle".

  3. Les attaques sur la supply chain se multiplient : plutôt que de cibler directement une grande entreprise, les cybercriminels infiltrent ses fournisseurs.

Cette montée des risques crée autant de défis que d'opportunités pour Glimps, qui souhaite devenir un fleuron européen de la cybersécurité.

Les 7 Bretonnes du CES 2026 à Las Vegas

Du 6 au 9 janvier 2026, sept entreprises bretonnes ont fait le déplacement à Las Vegas pour le CES, l'événement mondial de la tech, accompagnées par Bretagne Commerce International . Une vitrine exceptionnelle pour des pépites qui illustrent la diversité de l'innovation régionale :

Startup

Spécialité

DeepHawk

IA frugale dédiée au contrôle qualité visuel

IMATAG

Tatouage numérique invisible pour la protection des images

Skyld

Cybersécurité des modèles d'IA

Lizia

Accessoire de lecture 3-en-1 innovant

Sonaid

Détection sonore et technologies audio embarquées

NEOIA

Robot autonome pour le nettoyage de panneaux solaires

Secure-IC

Cybersécurité de bout en bout pour systèmes embarqués

"Fiers de représenter l'innovation bretonne au CES 2026 !", s'est félicité NEOIA sur les réseaux sociaux . Cette startup réinvente le nettoyage solaire avec un robot autonome breveté qui booste la performance des centrales photovoltaïques.

De son côté, Skyld AI, spécialisée dans la cybersécurité des modèles d'intelligence artificielle, a remercié Bretagne Commerce International "de nous accompagner pour faire rayonner notre technologie" .

Une présence remarquée qui confirme la maturité de l'écosystème startup breton sur la scène internationale, aux côtés de partenaires comme Business France, Le Poool x La French Tech Rennes St-Malo, et les différentes French Tech du territoire .

Breizh Up : 38 pépites accompagnées en dix ans

C'est l'un des secrets les mieux gardés de l'écosystème startup breton. Breizh Up, ce fonds doté de 30 millions d'euros par la Région Bretagne, a fêté ses dix ans en novembre 2025 à Rennes .

Son créneau ? Investir de façon minoritaire (entre 200 000 et 750 000 euros à chaque fois) dans de jeunes entreprises innovantes, aux côtés d'acteurs privés, avec une vocation : revendre sa participation au bout de sept à huit ans et réinvestir dans l'écosystème.

"À un moment où une partie de nos concitoyens s'interroge sur l'usage de l'argent public, on a ici un modèle vertueux", estime Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne .

Les pépites du portefeuille

En dix ans, Breizh Up a investi plus de 21 millions d'euros et permis de mobiliser 165 millions d'euros de financements privés supplémentaires au bénéfice de 38 entreprises . Parmi elles :

  • Unseenlabs et ses satellites capables de suivre les navires en mer depuis l'espace

  • OSO-AI et son oreille connectée pour la maintenance prédictive

  • Agriloops et sa ferme à crevettes en système aquaponique

  • Seederal et son tracteur électrique pour l'agriculture durable

  • Rainpath, une entreprise rennaise du secteur de la santé

Les fonds de Breizh Up sont réservés aux entreprises bretonnes innovantes, le plus souvent en phase d'amorçage, dans les domaines stratégiques que sont l'économie maritime, le numérique, l'alimentaire, la santé et l'industriel . Le fonds se veut sélectif : 120 dossiers de candidatures sont reçus chaque année, pour seulement trois à cinq investissements.

Un changement de gouvernance pour 2026

En 2026, la présidence de Breizh Up passera de Daniel Gallou, fondateur du groupe agroalimentaire morbihannais Cité marine, à Catherine Failliet, patronne de la filiale française du développeur éolien allemand Energiequelle, à Rennes .

Un passage de témoin qui intervient à un moment charnière : "25 % des participations ont plus de huit ans. Il va donc falloir sortir du capital de ces entreprises", explique Catherine Failliet. Un vrai pari, dans un contexte économique moins porteur qu'auparavant .

Côté Région, après avoir apporté 10 millions d'euros supplémentaires dans Breizh Up en 2023, Loïg Chesnais-Girard ne "s'interdit pas" un nouvel investissement, malgré des budgets contraints .

Booster Bretagne : La machine à accélérer les pépites

Porté depuis 2019 par la Région Bretagne, Bpifrance et le réseau des 7 Technopoles Bretagne, l'accélérateur Booster Bretagne confirme son rôle clé dans le soutien aux entreprises innovantes en forte croissance .

Des résultats spectaculaires pour la 3e promotion

Après 18 mois d'accompagnement stratégique intensif, la 3e promotion de Booster Bretagne, lancée en octobre 2023, a livré des résultats concrets :

  • +15 % de chiffre d'affaires en moyenne par entreprise

  • +4,7 emplois créés en moyenne par structure

  • +56 % du chiffre d'affaires à l'export pour l'ensemble du groupe

"Même si nous sommes dans des domaines très différents, quand quelqu'un avait un problème, celui-ci était généralement partagé", souligne Cyrille Vignon de Glimps, qui a participé à cette promotion, à propos de la dynamique collective du programme .

La 3e promotion a rassemblé 18 entreprises bretonnes de divers secteurs (santé, numérique, industrie, cybersécurité, environnement ou nautisme), avec 74 % d'entre elles exerçant une activité dans le numérique .

Durant 18 mois, les dirigeants ont bénéficié d'un triple accompagnement :

  1. Un parcours individuel de conseil, avec une mission de 10 jours sur un chantier choisi (37 % sur la performance commerciale, un tiers sur la maturité environnementale)

  2. Un parcours de formation collectif en partenariat avec Skema Business School (16 journées de séminaires de haut niveau)

  3. De la mise en réseau avec d'autres accélérés et l'écosystème partenarial

La 4e promotion démarre en mars 2026

Face au succès du programme, les partenaires ont lancé le sourcing de la 4e promotion dès septembre 2025. Elle démarrera en mars 2026 pour accueillir 20 nouvelles entreprises innovantes du territoire .

Les critères de sélection ? Une croissance soutenue sur les 3 dernières années et un chiffre d'affaires d'au moins 2 millions d'euros (ou une levée de fonds de 2 millions d'euros minimum) .

"Booster Bretagne incarne notre ambition d'accompagner les entreprises bretonnes vers une croissance pérenne et responsable. Cette 4e édition en préparation confirme la force de notre écosystème", souligne Laurence Fortin, Vice-présidente de la Région Bretagne en charge de l'Économie .

Pour Olivier Le Strat, Président des 7 Technopoles Bretagne, "ce dispositif est un formidable levier collectif. Grâce à nos expertises croisées et à un accompagnement sur-mesure, nous permettons aux entreprises de franchir des caps stratégiques" .

L'IRT B-Com : Un cercle d'investisseurs qui monte en puissance

Depuis Rennes, son vaisseau amiral, l'institut de recherche technologique (IRT) B-Com annonçait en janvier 2026 l'arrivée de trois nouveaux membres PME et ETI au sein de son cercle d'investisseurs : Octomiro, Artefacto et Kerlink .

Le cercle compte désormais 30 membres investisseurs, dont 20 PME/ETI et groupes, et une dizaine de structures académiques. L'intelligence artificielle est au cœur des projets de développement de ces nouveaux membres .

Octomiro : donner des "yeux et un cerveau" aux ERP

Implantée à Rennes, Octomiro utilise l'intelligence artificielle et la vision par ordinateur pour donner "des yeux et un cerveau" aux ERP (progiciels de gestion intégrés). Cette start-up d'une dizaine de salariés travaille sur un système d'inventaire intelligent, capable d'identifier et de compter automatiquement des objets .

"Le partenariat R&D que nous avons signé avec B-Com est stratégique. Il nous permet d'aller plus loin sur des verrous technologiques clés : la généricité de notre modèle et la robustesse des décisions automatisées dans un environnement industriel réel", explique Abdelkarim Ben Farhat, président d'Octomiro .

Artefacto et Kerlink : réalité augmentée et IoT

Artefacto, spécialisée dans la production de contenus immersifs en réalité augmentée et virtuelle, développe une solution de configuration et de visualisation de projets éoliens et photovoltaïques en réalité augmentée. La collaboration avec B-Com vise à porter une fonction de "réalité diminuée" (suppression d'éléments du monde réel) en temps réel sur téléphone mobile .

Kerlink, fournisseur de solutions de connectivité IoT (Internet des objets), mène une étude de faisabilité avec l'équipe B-Com pour développer une IA embarquée dédiée à la maintenance industrielle, fondée sur l'analyse en temps réel des signaux vibratoires émis par les machines .

"Chez B-Com, nous portons une conviction forte : l'innovation de pointe doit être plus accessible aux PME, plus rapidement et plus efficacement. C'est la raison pour laquelle nous avons repensé notre modèle pour le rendre davantage agile et vertueux. Et notre pari est aujourd'hui gagnant", se félicite Emmanuelle Garnaud-Gamache, Directrice générale de l'IRT B-Com, qui vise l'intégration de 5 nouvelles entreprises et le lancement de 2 nouveaux projets d'ici fin 2026 .

L'écosystème s'étend : Le Village by CA Morbihan débarque à Lorient et Ploërmel

Preuve que l'écosystème startup breton est en pleine expansion, le Village by CA Morbihan a étendu sa présence sur le département en janvier 2026, en ouvrant une antenne à Lorient et une autre à Ploërmel, installées dans les locaux de la CCI .

Présent depuis huit ans à Vannes, le Village by CA Morbihan a accompagné 65 startups innovantes depuis sa création. Son déploiement à Lorient et Ploërmel marque une nouvelle étape dans la collaboration avec la CCI du Morbihan, initiée en avril 2025 .

À Lorient, la Maison de l'Entreprise réunit désormais dix organismes référencés dans l'accompagnement des entreprises :

  • BGE Bretagne

  • La Chambre des Métiers et de l'Artisanat 56

  • AudéLor

  • Initiative Pays de Lorient

  • Lorient Agglomération

  • France Active Bretagne

  • La Chambre des Notaires

  • La CCI 56

  • Réseau Entreprendre

  • Le Village by CA Morbihan

"En unissant leurs forces, la CCI du Morbihan et le Village by CA offrent un accompagnement encore plus efficace, centré sur les besoins des start-up et porteurs de projets. Leur priorité : favoriser la réussite des entrepreneurs en leur donnant les outils, les conseils et le réseau nécessaires pour concrétiser leurs ambitions", soulignent les représentants des deux organismes partenaires .

Booster Bretagne en chiffres

Indicateur

Valeur

Promotions depuis 2019

3

Entreprises accélérées

52

Emplois représentés

2 500

Progression CA 3e promotion

+15 %

Créations d'emplois moyennes (3e promo)

+4,7

Progression CA export (3e promo)

+56 %

4e promotion

Démarrage mars 2026

Conclusion : Une décennie qui s'annonce prometteuse

De Glimps qui veut sécuriser l'Europe face aux cybermenaces aux sept pépites qui ont brillé au CES de Las Vegas, en passant par les lauréats de Booster Bretagne et les participations de Breizh Up, l'écosystème startup breton n'a jamais été aussi dynamique.

Avec des résultats concrets (+15 % de CA, +4,7 emplois pour la 3e promotion de Booster Bretagne), des financements structurants (21 M€ investis par Breizh Up en dix ans) et une reconnaissance internationale (présence au CES, déploiement à l'international de Glimps), les jeunes pousses bretonnes ont définitivement gagné leurs lettres de noblesse.

Rendez-vous en mars 2026 pour découvrir la 4e promotion de Booster Bretagne, qui révélera sans doute les prochaines pépites appelées à façonner la décennie à venir. Et d'ici là, une certitude : l'innovation bretonne n'a pas fini de faire parler d'elle.

Pour aller plus loin :

  • Les candidatures pour la 4e promotion de Booster Bretagne sont closes depuis le 17 février 2026, mais les entreprises intéressées peuvent suivre les prochaines éditions sur le site de Bpifrance

  • Retrouvez les portraits des startups accompagnées par Breizh Up sur le site de la Région Bretagne

  • Les entrepreneurs souhaitant intégrer l'écosystème peuvent contacter les 7 Technopoles Bretagne ou les Villages by CA


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